Présentation

Atelier de la pluridisciplinarité en acte

au service de la personne vulnérable

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Comment participer à l’atelier Pluriact ?

 L’atelier Pluriact a initié une recherche-action sur la pluridisciplinarité au service de la personne vulnérable. Il met à l’épreuve la question suivante : « Existe-t-il un processus qui permette de soutenir l’éthique d’un collectif et de tendre vers des effets de cohérence ? » Durant deux ans, des équipes des champs sanitaire, médico-social et social ont dessiné un processus qui stimule une réflexion sur l’exercice professionnel collectif au pouvoir de revitaliser l’action.

L’expérience a démontré sa possible pertinence dans deux contextes précis :

–  le parcours proposé est sujet à relancer la dynamique d’une équipe engourdie par les contraintes quotidiennes,

–  le parcours peut favoriser la réflexion collective voire la création d’un collectif à partir d’acteurs isolés ou disséminés agissant auprès d’un même public.

Cette recherche-action est mise à la disposition des équipes qui souhaitent en (re)visiter le parcours. Le balisage du chemin présenté est évolutif, lors de sa visite chacun peut y apporter des variantes, voire en modifier le tracé. Pluriact présentera ces nouvelles expériences sur son site.

Le groupe de recherche Pluriact peut à la demande d’équipes ou d’administrations animer ce cycle de recherche-action.

Contexte du projet

Le traitement et l’accompagnement des personnes vulnérables (enfants et adultes handicapés, atteintes de maladies chroniques, en état de dépendance…) nécessitent la mobilisation de services différents, en principe complémentaires. L’expérience montre combien les acteurs concernés peinent à réaliser un ensemble cohérent. Il est reconnu que les usagers pâtissent de leurs positionnements désordonnés voire discordants. L’expérience témoigne en outre que la mise en œuvre d’un partenariat est constamment corrélée à la question de l’éthique. Les recommandations de bonnes pratiques aux professionnels demeurent la plupart du temps des exhortations creuses. L’éthique, pas plus que la cohérence ne se décrète.

En 1994, une Charte de la Transdisciplinarité est édictée par Basarab Nicolescu, cosignée par Edgar Morin et Lima de Freitas. Ce texte rappelle la complexité du monde et l’impérative nécessité d’en rendre compte de façon transdisciplinaire. Elle prône « l’unification sémantique et opérative des acceptions à travers et au-delà des disciplines », une rationalité résolument ouverte… Elle se conclut sur d’indispensables exigences éthiques : rigueur, ouverture et tolérance.

Cette charte constitue une référence pour les praticiens conscients de la nécessité de penser et d’agir au-delà de leur seule expertise, soucieux de s’ouvrir aux savoirs qui interagissent avec le leur. Elle exprime un vœu largement partagé et conduit à poser la question suivante : Existe-il un processus pluridisciplinaire en constante élaboration qui permette de soutenir les exigences éthiques (respect des besoins, des demandes et des aspirations de la personne en souffrance, respect des partenaires) et de tendre vers une perspective transdisciplinaire ?

Finalité

Le but de cette recherche est la mise en œuvre d’une démarche transmissible par laquelle des acteurs disparates peuvent se trouver en concordance. Un atelier conçu comme un outil de formation collectif permanent destiné à tous les professionnels et aux citoyens concernés par l’accompagnement de la personne vulnérable.

Pilotage de la démarche

Porteurs du projet : Alain Depaulis, Alain Molas, Jean Navarro.

Présidents d’honneur : Edgar Morin et Axel Kahn.

1. Son développement est soumis à la supervision de lecteurs critiques extérieurs : un sociologue, un philosophe, un représentant des usagers et les membres d’un laboratoire de recherche de l’université de Rome.

2. Le comité scientifique est composé d’acteurs régionaux, associés à des acteurs nationaux en qualité de chercheurs et d’experts issus du champ sanitaire, social, médico-social et d’usagers.

3. Les équipes d’application, leurs partenaires, leurs usagers en relation avec deux référents du comité scientifique.

Méthodologie

Base de réflexion :

En s’appuyant sur une diversité d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux, ce projet consiste à explorer six axes identifiés1 comme conditions nécessaires aux meilleures relations pluridisciplinaires possibles :

  1. Présentation. Etat des lieux. Fonctionnements, Dysfonctionnements.
  2. Identifier et partager un objectif commun.
  3. Permettre à l’usager d’être acteur.
  4. Se connaître, se reconnaître, être reconnu !
  5. Comment travaillez-vous ensemble ?
  6. Ethique et réflexivité. Comment entretenir des relations correctes ?

Présentation des 6 axes :

Le traitement et l’accompagnement de la personne vulnérable (handicapée, atteinte de maladie chronique, en état de dépendance passagère ou durable, ou encore socialement marginalisée) nécessitent les soins de spécialistes et de services différents, en principe complémentaires. Pourtant ce réseau d’intervenants peine à réaliser un ensemble cohérent. Chacun est conscient de la nécessité d’explorer des voies d’élaboration collective qui favorisent le plus de cohérence possible.

D’abondants travaux philosophiques, sociologiques et juridiques viennent alimenter ce questionnement. Certaines expériences cliniques (pour citer une référence locale : celle du SESSAD-DI de Guéret) ont permis d’isoler les conditions propices à favoriser la fluidité des parcours de soin.

Six axes, à priori incontournables (que l’expérience validera ou invalidera), sont ainsi retenus : 

  • 1er axe : Présentation. Etat des lieux. Fonctionnement, dysfonctionnements.

Dès lors qu’une équipe veut réinterroger sa façon de travailler, il est indispensable de savoir de quelle place elle intervient. Toute équipe a un agrément qui lui confère une mission sociale, sa composition est déterminée par la nature du service qu’elle doit assurer. C’est à partir de ce cadre qu’elle peut dresser un état des lieux. Un inventaire qui décrit la pertinence de son action mais ne néglige pas les motifs d’insatisfaction.

 Certains dysfonctionnements peuvent être liés aux singularités professionnelles : le langage et la méthodologie du médecin ne sont pas ceux du travailleur social ! L’organisation des services n’est parfois pas étrangère à certains motifs de discorde. Enfin les membres d’un groupe échappent rarement aux désordres relationnels qui polluent les échanges personnels et professionnels.

  • 2ème axe : Identifier et partager un objectif commun ?

Parmi les conditions importantes qui président au travail en équipe : l’objectif commun. La synergie d’un groupe est tributaire du sens de son action. Plus ce sens est vécu comme essentiel, voire vital, plus il est fédérateur. Un collectif ne peut se fédérer que s’il est lié par un objectif qui fait sens pour chacun et pour tous.

Dès lors qu’un praticien considère que son acte se suffit à lui-même, détaché de toute incidence sur l’usager, comment éprouverait-il la nécessité d’une analyse pluridisciplinaire ? Dans un projet collectif assumant la complexité humaine dans l’accompagnement de la personne, chacun acquiert le sens de la relativité de son exercice professionnel, il s’identifie à une valeur qui le transcende. Travailler ensemble c’est identifier ce qui vectorise l’énergie des membres d’un groupe.

  • 3ème axe : Permettre à l’usager d’être acteur 

L’usager est au centre d’un réseau d’intervenants. Il occupe cette position paradoxale d’être l’objet de soins variés qu’il supporte en tant que sujet ayant, seul, le savoir singulier de leurs effets sur lui, au plan corporel, psychologique et environnemental.

Naguère considéré comme un simple receveur de services, l’usager tend à occuper une position active et responsable. Nous le nommons usageant. Si l’usager est un consommateur de soins, l’usageant est un acteur impliqué dans la prescription. Cette évolution nous conduit à lui reconnaître un rôle déterminant face aux experts.

Mais est-il si simple de permettre à celui qui est, par définition, en situation vulnérable, d’avoir un avis éclairé face au savoir des spécialistes et à la complexité technique des interventions ?

  • 4ème axe : Se connaitre, se reconnaître, être reconnu !

L’inventaire des écueils du travail-ensemble met en relief l’échec de la communication. Chacun parle d’une place relative à son statut, à sa fonction, tributaire de la mission et des méthodes du service qu’il représente mais aussi en tant que personne propre ! Des places qui ne sont pas toujours clairement identifiées et occasionnent des confusions préjudiciables à l’action.

Objet de quiproquos dans un même service, dont les professionnels sont en relation quotidienne, on ne s’étonne pas des hiatus fréquents entre des équipes qui se rencontrent peu et se connaissent mal. Au niveau personnel, institutionnel ou interinstitutionnel, un travail d’identification, de reconnaissance mutuelle semble s’imposer.

Mais par-delà cette interconnaissance, chacun n’aspire-t-il pas à être reconnu ? Peut-on travailler sans reconnaissance de l’usager, de ses pairs, de sa hiérarchie ?

  • 5ème axe : Comment travaillez ensemble ?

Comment dès lors travailler ensemble ? Les échanges entre partenaires peuvent très facilement favoriser la confusion en raison de la complexité technique que la pluridisciplinarité embrasse.

De quels outils dispose-on dans le partage d’informations ? Comment permettre à chaque professionnel d’exposer clairement son expertise et d’être lui-même pleinement réceptif à celle de son partenaire ? Comment permettre à chaque spécialiste, éclairé de son seul savoir, de réellement prendre en compte celui de partenaires tributaires d’une autre logique ?

Comment permettre l’expression et le développement le plus sérieux possible des échanges techniques ? Comment les inscrire dans la durée ?

  • 6ème axe : Ethique et réflexivité. Comment entretenir des relations correctes ?

La complexité pluridisciplinaire ne peut espérer tendre vers une élaboration cohérente que dans une constante mise à distance des actions des divers protagonistes et de leurs interactions.

D’un point de vue technique, comment prendre du recul ? Comment s’interroger sur sa pratique ? Comment instruire les différentes expertises afin de tendre vers une vision panoramique ? D’un point de vue humain, comment entretenir des relations personnelles et professionnelles correctes ? Comment soutenir les meilleures conditions éthiques possibles ?

La réflexivité définie comme une aptitude à s’interroger sur la position que l’on a par rapport à l’usager, aux collègues, aux partenaires et à notre propre exercice professionnel, semble un excellent outil pour mieux travailler ensemble.

  • 7ème séance : recueil des témoignages.

Cette ultime séance est un entretien collectif qui recueille les témoignages des professionnels :

  • leur appréciation sur la démarche,
  • les effets constatés individuellement et collectivement.

Au terme de ce cycle nos questions trouveront-elles une réponse :

  • L’articulation de ces 6 axes permet-il le développement d’un processus qui soutienne l’éthique du collectif et suscite des effets de cohérence ?

  • Dans une hypothèse affirmative, ce processus peut-il être l’objet d’une transmission ?

  • Cette expérience réalisée dans le champ médical, médico-social et social est-elle transposable dans d’autres domaines ou s’exprime le pluralisme ?